PETAGE DE PLOMB EN PUBLIC

    Lors de la dernière réunion du Conseil Municipal, je suis intervenu sur l’appel d’offres du Conseil Départemental concernant la restauration des collégiens de Victor Hugo. La réaction du maire pendant la lecture de ma question ( à lire en cliquant ici) a été révélatrice de sa vision du dialogue, de la concertation et de l’estime dans laquelle il tient l’Opposition.

    Irrespectueux, coupant à tout moment la parole, faisant sans cesse dévier le sujet.

    Ma question concernait la Cuisine Centrale. Je comprends très bien pourquoi le maire voulait la faire dévier sur la restauration scolaire. Parler d’un service municipal c'est aborder la finalité, le budget et le fonctionnement. Parler de la restauration scolaire c'est se limiter au sexe des anges, c'est à dire parler sans fin de la qualité, de la quantité, des inscriptions. Bref on évacue le problème et élude les responsabilités.

    J’ai abordé la dénonciation de cette convention qui nous liait au Conseil Départemental (ex-Conseil Général) depuis 1997 et qui coûtait aux contribuables carmausins plus de 140 000 €/an, estimation non remise en cause par la majorité municipale. J’emploie à dessein "estimation" car l’opacité règne. J’aurais aimé des budgets réalisés mais malgré mes demandes il n’y a pas eu de réponse ! C’est un des premiers piliers de la démocratie municipale impulsée par M Espié .

    Pourtant dès le début du mandat et de la future renégociation, j’ai demandé une commission composée d’élus de chaque groupe afin que toutes les composantes (sans exclusives, dans le respect du suffrage universel) du conseil municipal ait la même information. Ma demande était que cette commission puisse rencontrer les émissaires du Conseil Départemental. 

Evidemment le maire n’y donna pas suite. 

La seule information publique que nous avons eue fut que le Directeur Général des services de la mairie de Carmaux  allait rencontrer le service concerné du Conseil Général avec quelques membres de la majorité municipale. C’était nous refaire le coup de 1997 quand “les copains du PS local rencontraient les copains du PS départemental pour discuter gros sous ”. Certains élus de cette époque sont encore en exercice (maire ou “opposant” …  mais quand même vice-président de l’interco !). Aucune information n’a été donnée publiquement en conseil municipal sur le contenu des négociations...

    Opacité, autoritarisme et sectarisme : leur conception de la démocratie représentative !

    Quand j’ai rappelé le contenu de ma demande adressée le 23/12/2014 ( il y a 1 an !!!) et restée sans réponse, M Espié s'est gaussé de la commission, la traitant de commission Théodule (une formule créée par De Gaulle ; à chacun ses références ... peut être M Espié vit-il le rapprochement tel que le préconise Valls avec "les Républicains" !) et comme une perte de temps. M ESPIE théâtralise le symbole omniprésent du chef, celui qui a toujours raison et qui ne conçoit la discussion et la confrontation que comme futilités. Pas vraiment un démocrate ! 

Le Conseil Départemental, pour être enfin dans la légalité, a pris la décision de faire un appel d’offres. M Espié a décidé que Carmaux n’y répondrait pas parce que Carmaux ne demandait rien ! M Espié confond son humeur et les intérêts des contribuables carmausins. Cette obstination vaniteuse et totalement déplacée relève plus de la bêtise que de la "fierté" et fait  courir le risque d’un déficit financier encore plus important à la cuisine centrale ! Les Carmausins sont ils si riches qu'ils puissent se payer l'orgueil vaniteux de leur maire ?

A quoi joue le maire ? Que tente-il de mettre en place en fragilisant la cuisine centrale ? Sa réponse “nous ne faisons que ce que nous savons faire” revient à reporter une faute lourde de gestion sur les épaules des différents employés! Cette phrase ne peut se comprendre qu'ainsi : les employés de la cuisine centrale ne savent pas faire des repas pour des collégiens ! Ils apprécieront le jugement du maire sur leurs compétences ! Repas qu’ils font depuis toujours ! Et de plus valorisés par une apprécition d'excellence formulée par ce même conseil départemental dans sa revue ! Enfin, prétendre que la convention de fourniture gracieuse de nourriture au collège Victor Hugo a sauvé les postes d’enseignants sur le collège est une légende que seuls des ignorants de l'organisation scolaire du pays, ou des malhonnêtes manipulateurs, peuvent croire. La cantine scolaire existait déjà dans les années 65.

    J’ai proposé d’utiliser les sommes déjà budgétées les années précédentes à la cuisine centrale (les 140 000 € ) pour créer d’autres tranches tarifaires ou baisser la facturation des repas. La réponse du maire et de l’adjoint aux affaires scolaires ne manquent pas de mauvaise foi : “il y a déjà plus de 30 tarifs, vous voulez en créer 30 supplémentaires !”. Après vérification, sur le site de la mairie, il y a 4 tranches avec 2 tarifs chaque fois soit 8 tarifs. Le maire et son adjoint ne sont manifestement pas au courant et ont déformé la réalité sciemment pour ne pas accroître la solidarité et l’action sociale. Quand il y a débat contradictoire le maire prend donc des libertés avec la vérité des chiffres.

    Dernière intervention : l’élue choisie par le maire comme responsable de la cuisine centrale a affirmé que le personnel serait maintenu. COmment le croire quand le nombre journalier de repas va baisser de plus de 25 % !

 

    Décevant spectacle que celui donné par le maire ce soir-là ! Pas de quoi donner le goût aux abstentionnistes de revenir vers les urnes ; pas de quoi booster la fibre citoyenne.

    Difficile de croire que les valeurs et les comportements défendus par le maire, appartiennent à la Gauche humaniste sociale et solidaire 

    Il n'y a rien de républicain dans une négociation secrète, loin du regard des élus au suffrage universel et encore plus éloignée de celui des citoyens. La majorité municipale devrait se rappeler qu’elle ne représente que 36 % de voix et que le maire n'est pas le représentant d’un clan mais de l’ensemble de la population.

 

Laurent LEOPARDI, conseiller municipal (Pour une Alternative Sociale et Ecologique ).

 

Date de dernière mise à jour : 26/12/2015