TERRE D'ASILE

France, terre d’asile …

L’exil, contrairement au tourisme ou au voyage d’affaire est toujours forcé, contraint, incontournable… L’exilé ne va nulle part, il quitte quelque part. Terre d asile 02

L’exil clandestin est une double violence : le départ de la vie d’où l’on vient et l’abandon, jusqu’à l’identité, de ce que l’on y était. 

L’exilé clandestin est aussi au 21ème siècle un synonyme de « Survivant à l’exploitation », à toutes les exploitations : passeurs, transporteurs de fortune, polices, employeurs passagers, bureaucratie, politiques de circonstances … 

Une terre d’asile est un pays, un lieu inviolable, où peut se réfugier, se mettre à l’abri, en sureté,  une personne poursuivie, en danger. L’asile n’est pas un choix, c’est un droit, inscrit dans notre Constitution, dans nos lois et dans les conventions internationales. Ce droit ne se divise pas, ne se partage pas, ne se discute pas. Il ne se perd que lorsque les conditions qui l’ont ouvert ont disparu. 

Disparues les guerres ? Disparues les famines ? Disparues les dictatures ? 

Disparues la pauvreté et la misère ? Disparu le chômage de masse comme variable d’ajustement de l’économique mondialisée ? 

 

Transfert d’asile

Depuis plus de 20 ans des migrants arrivent et s’entassent à Calais, «Migrants de Calais », devient une nouvelle marque déposée sur l’autel de la honte et de l’inconséquence. Se succèdent et se superposent pêle-mêle, les centres officiels, les camps improvisés, les tentes isolées … qui produisent humiliations, familles disloquées, survie condamnée … Une jungle sans toit ni loi. 

Les gouvernements successifs, jusqu’à ce jour, ont transformé le droit d’asile en camps/asiles ou règnent la mortification, la dépersonnalisation, la faim, l’aliénation, la prostitution, la maladie, l’insécurité, le viol, l’isolement, la chasse à l’homme, l’exploitation … 

La peur n’est pas une vision du monde, elle est ici comme ailleurs l’outil de la soumission. 

Terre d asile 01En anéantissant  leur dignité, c’est la notre qui vole en éclats. 

 

Voilà ce qu’ils disent :

 

L’anémone est plus intelligente que la rose

Le sable est plus beau que le chat 

Et la pierre a toujours été supérieure au potiron

Ils reprochent au noir

D’être plus noir que le blanc

Comme on reprocherait au feu

D’être plus chaud que la neige

Et au miel d’être plus sucré

Que la vague

Et s’ils ont peur de leur ombre

C’est qu’ils se doutent un peu

Que haïr l’étranger

C’est avoir peur de soi.

Jean-Pierre Siméon

« Sans frontières fixes »

Collection « Poèmes pour grandir »

Cheyne éditeur

(L’éditeur de « matin brun »)

 

Carole Métivet, Sabine Jauffret. 

Date de dernière mise à jour : 04/03/2016