NOUS SOMMES CE QUE NOUS MANGEONS

​Au fil du temps l’amélioration et la diversification de notre alimentation ont permis le développement de notre cerveau et nous ont amené au sommet de la pyramide des prédateurs. L'intelligence et la mémoire ne se nourrissent pas que d'enseignement ou d'entraînement, c'est aussi dans l'assiette que se joue la santé du cerveau.

Chasseurs cueilleursNotre espèce, HOMO SAPIENS SAPIENS est celle dont le régime alimentaire a le plus évolué dans le laps de temps le plus court. De chasseur-cueilleur nomade, nous sommes passés au stade de cultivateur-éleveur, puis d'industriels...Il y a moins de 10000 ans, progressivement nous nous sommes sédentarisés et avons inventé la culture et l’élevage et bon an mal an, notre espérance de vie n’a cessé d’augmenter. Depuis nos origines nos préoccupations principales étaient la nourriture et la reproduction. Nous avons réussi les deux ! 

Si dans la façon de nous reproduire il n’y a pas beaucoup de place pour l’innovation, ( bien qu'il s'avère que notre reproduction soit bientôt remise en cause par les effets néfastes de notre alimentation), en revanche, dans la façon de se nourrir tout est possible. Notre nourriture peut-être liée  aux croyances, ( hallal, casher, jeûn, végétalisme ...) au climat, à la transmission d’un savoir, à l’influence industrielle, à la hiérarchie de nos priorités culturelles ou financières.

Nous sommes obligés de reconnaitre qu’il y a un lien entre l’espérance de vie et la nutrition. Depuis des décennies nous avons identifié les aliments favorables à notre santé et les plus délétères.

Est-ce bien raisonnable de confier à des tiers, et notamment à l’agro-industrie, la réalisation de tout ce que nous consommons, en sachant que la vocation d’une entreprise est essentiellement de faire du profit. Les critères des produits qu’on nous présente en grande surface sont plus liés à la durée de conservation, à l’aspect , à leur capacité à supporter le transport  qu’aux qualités nutritionnelles du produit. Parfois même l’agro-industrie élabore des recettes avec l’intention cachée de nous rendre addict  au sucre ou au sel dans le but d’augmenter leurs ventes et donc leurs profits. A grand renfort de publicité l’agro-industrie met en avant des produits qui n’ont pas un grand intérêt nutritionnel.Pierre rahbi

Nous sommes le seul être vivant à consommer du lait à l’âge adulte et de plus essentiellement du lait de vache dont le la qualité initiale est de faire passer un veau de 45 kg à la naissance à  350 kg au bout d’un an ! Nous avons tellement essayé d’améliorer nos variété de blé pour des raisons  productivistes que le pain qui en est issu provoque des intolérances au gluten chez un nombre de plus en plus croissant de nos cogénères.

Comme le dit Pierre RHABI (philosophe et adepte de l’agroécologie), aujourd’hui quand nous nous mettons à table, il vaut mieux se souhaiter bonne chance que bon appétit.

Nos organismes ne sont pas conçus pour éliminer toutes ces molécules chimiques que nous ingurgitons à longueur de repas ( une étude récente nous montre que les cancers de tous ordres ont augmentés de 200% de 1985 à aujourdh’ui)

 Depuis quelques années une nouvelle notion est apparue, c’elle « d’alicament » un peu pilotée par l’agro-industrie (recettes enrichies aux oméga 3, bifidus actif etc…). S'il faut éviter de tomber dans le piège de l'aliment "médicament", la notion reste quand même intéressante. HYPOCRATE disait déjà, 370 ans avant JC : « que ton aliment soit ton seul médicament » et soyons sûr que là aussi,  comme dans d’autres domaines, des solutions existent dans le préventif, comme il faut le comprendre de cette phrase. Quand nous sommes malades, c’est trop tard . Claude Bernard  disait « le microbe n’est rien c’est le terrain qui est tout ». Faisons  donc en sorte d’avoir un terrain favorable à la santé .

Agro ecologie

 On peut considérer nos repas comme un vulgaire passage à la pompe où on ferait le plein d’une énergie quelconque mais indispensable .... et toujours trop chère.

Mais Il y a aussi dans la façon de nous nourrir, une notion un peu plus abstraite qui mérite quand même d’être citée. Si notre corps a de l’influence sur notre esprit (il n’est pas simplement une prothèse qui sert à déplacer notre cerveau), notre esprit a aussi beaucoup d’influence sur notre corps. Au même titre que l’effet placebo et l’effet nocébo participent, paraît il, à 50% au résultat d’un médicament. Penser qu’un aliment nous fait du bien parce qu’il est sain ampliffie son effet bénéfique.

En matière de nutrition tout à de l’importance pour aujourd’hui et pour demain. Notre comportement individuel et notre comportement collectif.

Un proverbe indien, pétri de bon sens, nous dit : "Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson péché, l'homme va s'apercevoir que l'argent n'est pas comestible".

En cette période de mobilisation pour sauver le climat, il est bon de rappeler que le rôle de l’alimentation n’est pas anodin, en effet nous produisons en France, plus de 3 tonnes de dioxyne de carbone (CO2) par citoyen, par an pour notre nourriture, ce qui est plus que pour notre transport et notre chauffage.

Après la deuxième guerre mondiale on avait des doutes sur la capacité des hommes à nourrir la planète. Maintenant, on a des doutes sur la capacité de la planète à nourrir les hommes.

L'eau et la nourriture sont indispensables à notre existence. En prendre soin revient à prendre soin de nous. 

Agro ecologie permacultureSi nous sommes ce que nous mangeons, alors nous sommes devenus ce que nous mangions et nos enfants deviendront ce que nous leur aurons donné à manger. Les gaver de mauvais sucres, de mauvais modes de vie (sédentarité et télé), de molécules chimiques formatant les goûts et les maladies au profit de quelques groupes alimentaires industriels engagent clairement notre responsabilité envers eux. Mais aussi envers l'humanité, c'est à dire ce que nous voulons ou acceptons qu'elle devienne.

 

Thierry OLIVEROS

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 22/12/2015