PRIDE : VAS Y CORBYN !

Après cet ouvrier qui, victime du coup de foudre de conte de fée, préféra prolonger la romance de Lenny Escudero et siffler dans les couloirs de l’usine « Pour une amourette Qui faisait du bonheur J'ai fui la planète Pour la suivre ailleurs » ( LA FILLE DU PATRON), PRIDE ramène les amourettes dans le conflit social. 

Commme le rappelait Daniel MERMET la veille, ce n’est pas la quantité, traduisez »le buzz » entre deux publicités, qui importe mais la volonté d’être déjà quelques uns à sortir du cocon communautaire pour aller vers les autres. 

PRIDE est un plaidoyer rassemblant toutes les émancipations dans un même combat. PRIDE est l’antithèse F3 06des théories communautaristes. Ce groupe d’homosexuels qui soutient la grève des mineurs gallois contre THATCHER se crée contre l’avis de la communauté homosexuelle. Celle-ci ne se voit qu’à l’identique des caricatures offertes au peuple par l’idéologie dominante. Nous voici bien loin de CHOUCHOU et de toutes ces histoires de « grandes folles » dont nous abreuve le cinéma français.

PRIDE est la lutte de quelques jeunes gens contre tous les codes et clichés représentant l’attirance homosexuelle. Les agressions dont sont victimes les groupes gays et lesbiens sont les mêmes que celles qui atteignent les mineurs. Leur combat émancipateur rejoint celui des luttes sociales.

Rien n’est facile car, K.Marx l'a démontré,  l’idéologie de la classe ouvrière est celle de la classe dominante : la bourgeoisie 

Le communautarisme sexuel, religieux, social, .... est une arme du libéralisme pour fragmenter le peuple et compliquer son organisation. Cette émancipation du communautarisme  se construit  dans des tensions, souvent bénéfiques, au sein des groupes. Les débats sont parfois houleux dans les assemblées de grévistes pour accepter ou non ce soutien que la presse et les flics raillent en choeur. Elles n’interdisent pas la rencontre et la fusion des deux groupes dans la réflexion et l’action. 

F3 04Dans la société « machiste » des mineurs,  et très masculine des « gays et lesbienne » les femmes  s’imposent en catalyseurs des débats . La conscience de l’assemblée est cette voix féminine, à capella qui entonne :

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« Marchons, mes sœurs, marchons ! 

Notre lutte est aussi pour les hommes, 

Assez ! Nous vivions comme des bêtes de somme.

Qu’on nous donne du pain, mais des roses également. 

Des femmes innombrables, par le cri de nos voix, réclament du pain.

Ni beauté, ni amour, la corvée fut leur lot !

Luttons pour les roses, pas seulement pour le pain !

 

BREAD ANS ROSES : la lutte pour la vie et la lutte pour l’amour : du pain et des roses.

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La presse et la police ne nous déçoivent jamais. Elles n’échappent pas non plus à l’idéologie dominante. Plus : elles en vivent.

PRIDE est un film joyeux, plein de rires, plein d’intelligence. PRIDE finit en apothéose. Les mineurs ont été défaits comme chacun le sait. La fraternité qui s'est construite ne disparaîtra pas ...PRIDE est une merveille.

Vas y CORBYN ! Fièrement !

 

 

 

 

 

De musique, il en fut aussi question dans le documentaire «  C’EST QUOI CE TRAVAIL » un peu trop long dans une salle non chauffée.F3 01 Trop long comme une journée ou une nuit à répétersans cesse les mêmes gestes sur une machine bruyante. Long comme le travail et la préparation d’une oeuvre musicale transformant ces bruits en sons, ces sons en notes, ces notes en chants.

 

Long comme ces heures de dressage des mains pour des gestes précis et pointilleusement encadrés par des notices. Long comme ces pensées qui envahissent l’esprit, les mains ainsi autonomes…. « comment payer la réparation de la voiture ? » … «  les scènes, les tracas de la vie quotidienne » … «  les espoirs qu’on n’ose pas avoir » ….  Et cette solitude imposée face à la « bête » et qui finit par être souhaitée. Il se dit que dans les couloirs de la mort, ls condamnés finissent par l’espérer ….

Tout cela finit en chansons … La pièce est interprété par des musicien-ne-s, des choristes et quelques ouvriers qui viennent lire les mots qu’ils ont écrit. Symphonie du travail, respectueusement écoutée par les ouvrier-e-s de l’usine Citroën de St Ouen, accompagné-e-s de leur famille.

C’était quand même un peu trop long.

Dans une salle sans chauffage.

 

Jean-Claude Zablet.

Date de dernière mise à jour : 18/10/2015