MERCI PATRON : UNE FARCE. PAS UN MODELE !

Le film "MERCI PATRON" a fait salle comble au CLAP CINE lors de la dernière séance de KINO. L'histoire racontée est un fait réel. Les plans consacrés aux "employeurs" montrent de quel cynisme est faite leur philosophie ; rien ne compte que l'argent. Rien ne compte que leur point de vue. Aucun regard vers ces milliers de vie livrées à leur voracité.

Kino 160318Les rires qui nous viennent partent de l'enfance quand Robin des Bois ou Zorro rendaient un peu de justice aux victimes de l'enrichissement "compétitif".

A Maubeuge, la famille KLUR survit avec 400€ par mois. Pas possible de se chauffer l'hiver et les repas sont pudiquement qualifiés de frugaux. Leur malheur s'amplifie encore quand l'huissier veut prendre leur maison pour régler une dette ancienne dérisoire face au prix de la maison. La dignité des KLUR, leur colère rentrée sont les phrases de cette histoire.

L'organisation sociale de l'usine a disparu avec les licenciements et la fermeture de l'usine. Le lien d'amitié perdure avec leur ancienne déléguée syndicale CGT. Mais la solitude est là, cancer tapi dans l'abandon social de ce monde.

Les KLUR vont s'en sortir. ZORRO dont personne ne peut nier le grand coeur, a monté une farce dont le but est de reprendre une partie de l'argent volé par Bernar Arnaud. La farce montre comment lui faire les poches. Oui, c'est possible. C'est possible de berner LVMH. C'est possible pour cette fois.

Après le rire, la nuit dépose un certain malaise. Si le message du film est " il est possible de gagner contre le patronat", la raison nous ramène à la loterie.  Comment ne voir que la joie de ces ouvriers licenciés quand 8 milllions de précaires et chômeurs contiinuent jour après jour à vivre dans la détresse et l'inquiétude. Combien de familles se font toujours dépouiller sous le regard impuissant de Zorro ?

La farce a bénéficié aux KLUR. Les 8 condamnés de GOOD YEAR n'y ont pas droit. Ni personne.

Kino 160318 3Non que les KLUR aient tourné le dos à leurs camarades licenciés. Ils sont toujours amis avec l'ex déléguée syndicale CGT qui les accompagne dans la farce. Elle a retrouvé un boulot, sans passe droit, contrairement à la rumeur que voudrait répandre la presse aux ordres. Les KLUR sont restés des ouvriers, camarades de leurs collègues.

Ce film est une farce, un éclat de rire qui nous soulage de nos écoeurements.

Qu'importe qu'à l'immoralité d'ARNAUD et consorts, réplique l'immoralité maligne de la stratégie de réappropration individuelle. Ce film doit rester un rire d'espoir. L'espoir n'est pas celui de l'attente d'un sauveur, d'un messie, fut il intronisé par des primaires ou d'un plan com' de l'establishment qui s'ennuie entre deux raoûts. Il est l'espoir raisonnable d'une volonté collective.

"Merci Patron" est une barre énergisante. La satiété viendra des luttes syndicales, de l'organisation politique, de la volonté de ne pas piller les ressources de la planète en ne lui prélevant que ce qu'on peut lui rendre, de la reconquête de l'expression citoyenne. Un rendez-vous a été fixé à toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas s'arrêter au rire, à ce rire, pour en préparer d'autres, ensemble. Place Jean JAURES, sous la statue, le lundi 28 mars, appelé LUNDI DE PAQUES, à 17H00

 

Jean-Clade Zablet

 

Date de dernière mise à jour : 19/03/2016