LINKY : des enjeux majeurs au profit de qui ?

Le compteur « intelligent » Linky : des enjeux majeurs au profit de qui ? 

La loi de transition énergétique adoptée à main levée le 22 juillet 2015 constitue le coup d'envoi   législatif, d'ici à 2021, du déploiement, sur le territoire français, de 35 millions de compteurs  électriques dits « intelligents » LINKY.  Des enjeux financiers énormes sont en jeu, des questions de santé publique aussi. 

Le CPL (courant porteur de ligne)

Le compteur Linky injecte 24h/24 des radiofréquences CPL (courant porteur de ligne) de type G3 de 490KHz (soit 490 000 Hz) dans des réseaux conçus et utilisés en 50Hz. Ceci correspond à 490 000 oscillations à la seconde comparé aux 100 actuelles. Le champ radiatif se répand par le biais des câbles, fils électriques et se cumule à tous les équipements électriques devenus eux-mêmes rayonnants.  Chaque appartement devient un micro-ondes avec une fréquence à l'emplacement du compteur de 17v/m. Les prises, lampes et appareillages électriques émettent une fréquence de 2 à 3v/m. Seule une installation électrique blindée permet de se protéger de ces rayonnements. Au plan technique, les câbles, fils et appareils électriques ne sont pas prévus pour transporter des radiofréquences puisque prévus en 50Hz. 

Les infrastructures extérieures

A cette nouvelle pollution environnementale à l'intérieur des habitations se déploierait l'infrastructure nécessaire au dispositif, composée de 600 000 à 700 000 concentrateurs rayonnants installés tous les 50m à hauteur d'homme. Eux-mêmes seraient reliés à 120 000 nouvelles antennes de téléphonie mobile de 2,5G à 900MHz qui, ajoutées dans l'environnement, augmenteraient considérablement la pollution environnementale. Les informations ainsi recueillies des compteurs via les concentrateurs, transiteront par les antennes pour être collectées dans des data center. 

Aucune information publique n'est disponible à leur sujet. On sait que leur consommation énergétique, très élevée, correspond en un mois, à la consommation de 50 000 foyers.

D'une durée de vie de 15 ans pour les compteurs, 10 pour les concentrateurs, la France, après un investissement prévu de 7 milliards d'euros, devra recommencer dans 10 à 15 ans. Qui paiera ? Officiellement classées « cancérogènes possibles » depuis 2011. Les radiofréquences sont reconnus « potentiellement cancérogènes » par l'OMS, entraînant une nette dégradation de la santé publique ( cancers, AVC, Alzheimer etc.) , ainsi qu'une augmentation exponentielle des cas d'électro-hypersensibilité. La pollution occasionnée par le CPL sera active 24h/24 dans les habitations. On peut s'en prémunir en installant une installation électrique blindée. 

Cependant en habitat  collectif, il sera impossible d'y échapper. 

Des risques accrus... 

Il y a déjà 80 000 incendies par an en France dont une quantité non négligeable est d'origine électrique. Or la technologie du Linky entraîne un risque accru d'incendie et de pannes qu'on a déjà pu constater  (5% d'incendie sur les compteurs  installés en France et à l'étranger). Qui sera civilement responsable des conséquences de ces sinistres sachant que EDF se dégage de toute responsabilité ? Et que depuis 2000, les assureurs ne couvrent pas les risques liés aux champs électromagnétiques ! 

A qui appartiennent les réseaux ? 

Les communes sont propriétaires des réseaux électriques et des compteurs même dans le cas où un transfert a été réalisé via une Communauté de Communes ou un syndicat départemental d'énergie. 

En effet ces entités agissent comme « délégateur de service  public » et la commune reste seule propriétaire et partie prenante. C'est donc bien  les maires qui sont responsables des risques en cas de pathologie, incendies etc. 

Au 12 février 2016, 15 communes ont refusé le compteur Linky via le Conseil Municipal, certaines d'entre elles ayant aussi refusé les autres compteurs à radio-fréquence  tels le gaz (Gazpar) et l'eau.

Les risques liés à l'informatisation des réseaux . 

L'informatisation des réseaux permet de connaître à distance le nombre et le type d'équipements, la présence ou l'absence des habitants, leur habitudes de consommation (en temps réel et en flux continu car tout est collecté. La situation rend le pilotage à distance possible avec, en cas de surconsommation,  des coupures d'électricité gérées par des sociétés privées devenues « opérateurs d'effacement ».  Cette informatisation rendra la France très vulnérable au piratage, espionnage et cyber-terrorisme pouvant engendrer des black-out. Quand on sait que même les systèmes des organismes les plus sensibles ont déjà été  piratés (banques centrales, CIA...), de nombreuses questions se posent.

Le mode de calcul de la consommation 

Trois critères différents entrent en jeu pour le calcul du coût :

 la puissance active (équipement électrique),

- la puissance réactive concernant les équipements des moteurs + le bobinage + les frigos, climatiseurs, néons etc.

- la puissance apparente, somme des deux autres. 

Le calcul de la consommation va être établi en tenant compte de la puissance réactive.  Ainsi ceux qui utilisent souvent leurs équipements paieront-ils plus cher.

Déploiement stoppé, compteurs démontés à l'étranger.  

Ces compteurs connectés (smart grids en anglais) ont été refusés par l'Allemagne, la Belgique, l'Autriche. Ils sont actuellement démontés en Californie et dans plusieurs provinces canadiennes suite à des scandales sanitaires et divers procès. 

Ce qu'on peut faire*

Prévenir et informer le maire et les conseillers municipaux afin de demander le refus de la Commune. A titre individuel, écrire une lettre recommandée A.R. À EDF antenne locale (dont on collera une copie près du compteur limitant le risque de pose intempestive), ainsi qu'au maire de sa commune pour signifier son refus.  Ne signer aucun nouveau contrat. 

Informer ses voisins et créer des collectifs citoyens.  Organiser des réunions publiques, contacter la presse locale. Demander le contrat confiance à EDF permet de noter et d'envoyer sa consommation régulièrement, pas besoin d'avoir un compteur mouchard pour cela !  

15 communes (au 10 février 2016) ont refusé l'implantation du Linky via leur conseil municipal. 

Certaines appliquent le refus aux autres compteurs (Gazpar pour le gaz et le compteur d'eau). Avec la prise de conscience de la population et des communes, les chiffres sont en constante évolution.

Aucune étude sanitaire n'a été réalisée pour mesurer l'impact des radiofréquences des compteurs connectés. Le principe de précaution est tout bonnement occulté. Dans quel monde voulons-nous vivre ? Protégeons notre santé et celle de nos enfants car, face à ces pollutions, ce sont eux les plus fragiles avec les personnes  âgées et fragiles.

 

le 12 février 2016, 

Collectif Robin des Toîts carmausin  www. robindestoits.org 

 

*  modèle de lettres disponibles sur le site : http//refus.linky.gazpar.free.fr et www.next-up.org

Date de dernière mise à jour : 13/02/2016