INVENTER LE XXIEME SIECLE EUROPEEN.

La semaine qui vient de s’écouler est riche en événements éclairants. L’assemblée nationale vient de voter l’état d’urgence et la déchéance de nationalité, accentuant l’état de décrépitude des partis de la finance.

Aan clairesmeeLa droite entretient ses divergences d’égo tout en applaudissant au recul des libertés. Le patinage du FN, qui a de plus en plus de difficulté à masquer les incohérences pathétiques de ses embrouilles ( le paternalisme patronal à la place des conquêtes sociales, la charité confessionnelle pour ordre sociétal) montre l’illusion de cette direction. 

Au P »S », les « frondeurs ont renouvelé leur abonnement au ridicule : leur seule ambition est de négocier à Hollande et Valls leur réélection de député en 2017. Plouf. Frondeurs mais pas rebelles. Frondeurs, mais bien au chaud au sein du parti qui financera leur campagne dans quelques mois. Forcément, ça limite le champ d’action et ça réduit la perspective .

Concomitamment, Hollande et Valls continuent l’arasement politique autour du P »S ». Ils poursuivent leur  nivellement de la politique française ramené à la platitude des ambitions constitutionnelles européennes : une  idéologie libérale , une oligarchie financière ! Leur dernier coup : l’abandon de poste et de conviction d’Emmanuelle COSSE, en provoquant la nausée chez ses anciens collègues d’EELV, a renforcé leur rejet par  l'opinion publique 

 

Reg 2t 4Tout ceci arrive après les atermoiements de la gauche aux dernières élections régionales dans lesquelles, si on excepte Languedoc Roussillon Midi Pyrenées, elle est apparue comme des tribus se disputant les lambeaux d’une espérance.

La seule réussite fut donc notre région. Au lieu d'analyser le pourquoi et de se mettre dans l’ ordre des conséquences logiques que cela impliquait,  les guéguerres intestines ont repris de plus belle, presque tous se jetant sur l’os des primaires dont on se demande encore ce qu’il y aurait de positif à y participer. 

 

La ligne d’opposition est tracée par le traité constitutionnel de 2005 et la trahison du peuple. Nombre de ceux qui s’affranchirent de la République à ce moment historique, sont aujourd’hui des postulants à la-dite primaire. C’est dire en quel mépris, et en quelle amnésie, les supposé-e-s candidat-e-s tiennent le peuple. 

 

Jlm2017L’urgence sociale et écologique implique qu’émergent des personnages politiques d’une autre dimension que les pitoyables qu’on nous ressert à toute occasion. L’initiative prise par Jean-Luc Mélenchon a le mérite de remettre la politique dans l’élan républicain. En proposant sa candidature il a cassé le hochet dont les grelots, tintinnabulant, auraient couvert le nécessaire débat de la remise en cause du traité constitutionnel européen. 

Avant de se disputer les places , peut être faudrait il discuter de l’alternative sociale et écologique. La direction est connue ; il faut maintenant le chemin et le pas. Ce qui est faisable immédiatement, ce qu’il faut préparer. Savoir répartir les urgences dans l’impatience et la construction.

 

« Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat » écrivait ARAGON dans «  La Rose et le Réséda » . Il y disait sa conviction du rassemblement nécessaire  pour en finir avec ces journées autrement tragiques.

LaroseetleresedaLes blés d’aujourd’hui sont soumis aux pesticides, les travailleurs à la précarité, les intellectuels à l’entre-soi, les citoyens à « un temps de cerveau disponible ».

« Fou qui fait le délicat » alors qu’il faut se mettre au travail de reconquête républicaine comme le firent celles et ceux qui s’allièrent pour un « Nouveau Monde en Commun ». Ce qu’il est possible de faire dans notre grande région est faisable à l’échelle du pays. Partir des besoins réels, des nécessités sanitaires, éducatives, énergétiques,  des impératifs sociaux, avec en permanence l’idée indépassable de ne pas prélever plus de la Planète que ce qu’elle peut nous offrir.

 

Il n’y a pas d’opposition, au sein de la gauche sociale et écologique à l’internationalisme européen. Il n’y a pas d’opposition à rassembler fraternellement, respectueusement les peuples d’Europe sur le meilleur de ce qu’ils ont inventé. Il n’y a pas d’opposition à la patience de coordonner progressivement les prochaines conquêtes sociales, éducatives, sanitaires énergétiques et écologiques, libérées de la profitabilité malveillante des libéraux.

Puisse la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon nous soulager des petites ambitions des roitelets de clan et nous donner les assemblées pour débattre ensemble de notre futur proche.

 

Martial AURIOL.

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 14/02/2016