LA DEMOCRATIE, PAS LA GUERRE !

 

A quoi se raccrocher quand l'émotion qui nous serre le cœur produit parfois des pensées que notre raison, retrouvée, jugera indignes ? A quels mots de raison en appeler, quand les poings se serrent ?

Se raccrocher aux « Marseillaise » qui affirment à tous que nous choisissons la démocratie républicaine pour organiser notre société et que chaque voix est celle d'un humain, de France ou d'ailleurs, qui l'affirme.

Se raccrocher au recueillement du silence partagé avec tous les enfants, les adolescent-e-s, les adultes qui n'avaient plus en tête que les pensées les plus émues pour les assassiné-e-s et leurs proches au chagrin inconsolable.

 

Il reste le chagrin et la désolation après un week-end insupportable.

Nous n'aurons plus toutes ces vies volées à l'amour.

 

Tous les assassinats terroristes ont des commanditaires ; ils ont aussi leurs apologistes, leurs serviteurs, leurs niais et leurs complices.

On peut combattre le terrorisme avec des armes. Mais il ne sera pas vaincu.

 

Le vaincre nécessite qu'il soit rendu inopérant. Manipuler mentalement 5 ou 500 jeunes gens égarés dans le champ de la médiocrité intellectuelle et affective est à la portée de n'importe quel charlatan utilisant quelques ficelles psychologiques pour arriver à ses fins : tuer.

Les attentats nous ont révélé l'extrême faiblesse de la stratégie des gangsters maffieux : créer l'horreur et la peur pour nous faire renoncer à l'organisation démocratique de notre mode de vie. L'horreur est un moyen. Odieux, abject. La fin est l'état de guerre entre deux blocs : le bloc maffieux et le bloc policier. C'est le monde résumé à deux camps : les bons et les méchants , les gangsters et les policiers. Et les banques pour tous.

 

C'est le rôle de l'Etat de protéger tous les citoyens, dans le cadre de la Constitution choisie par le peuple ( la majorité des électeur-trice-s). Tout changement de constitution ne peut être que le fait du peuple lui-même. Faut il renoncer au droit démocratique, égalitaire, républicain, pour descendre notre mode de vie à la hauteur de celui des tyrans sanguinaires qui, de ce fait, imposent leur point de vue ? La réponse, bien évidemment est non !

Mille fois « NON » !!! Les personnes qui sont descendues dans la rue, ce week-end, ont estimé plus important le recueillement dans la liberté protégée, que d'obéir aux interdictions et se résigner à la peur. Tous les politiques ont vu ce courage.

Tous n'ont malheureusement pas tiré la conclusion que c'est de ce courage qu'est faite notre nation. Nous voulons vivre ainsi, ensemble.

 

La seule phrase à retenir du discours présidentiel au Congrès est que « le pacte de sécurité » vaut plus que « le pacte de stabilité » . Créer les conditions de notre vie ensemble, librement, fraternellement, vaut plus que l'austérité imposée à tous par les vues idéologiques des financiers.

C'est ce que disaient les personnes qui fleurissaient les lieux des scènes de crimes.

Que les moyens soient donnés à la police, à la justice pour faire vivre la loi est plus urgent et indispensable que modifier la loi pour que la sécurité coûte le moins cher possible aux actionnaires et aux banquiers. L'effet d'annonce destiné à rassembler artificiellement, et à droite, le peuple est une réponse positive envoyée aux criminels.

 

Puisque tous les états se réclamant du « monde libre » condamnent avec raison la barbarie, ils doivent réaliser, clairement et ensemble, sous l'égide de l'ONU, l'éradication du mal. D'où les criminels tirent-ils leur argent ? La presse explique que la maffia irakienne détourne les fonds religieux bancaires. Si les banques arrivent à faire payer des dettes litigieuses aux peuples elles peuvent bien bloquer ces fonds religieux. La liberté des capitaux vaudrait elle plus que le liberté des personnes ? Il est de notoriété que le pétrole est aussi une manne. Qui achète le pétrole  sinon les compagnies pétrolières. La liberté du commerce vaut elle plus que la liberté constitutionnelle des personnes ?

 

Interdire la capitalisation du crime est bien une mesure indispensable à l'éradication de son action.

Dissuader les personnes fragiles de rejoindre l'armée du crime, assainir tous les lieux de recrutement propres à cette armée est aussi indispensable. On nous rappelle sans cesse, et c'est heureux, la coopération des polices et des services de renseignement. Cela étant acquis, il faut donner des moyens à ces coopérations . Pas ceux de l'austérité. Les actionnaires doivent comprendre que la vie de nos enfants, de nos ami-e-s, de nos compatriotes, de tout humain, ne peut se comparer à l'accumulation de leurs dividendes.

 

La modification des lois qu'appellent tous les tenants de l'idéologie libérale ne semble poursuivre que le but de permettre le commerce avec des criminels en toute légalité. Leurs fonds, leur pétrole accroissent les dividendes produits par ce commerce. Le sang du peuple n'est pour eux qu'un désagrément collatéral, le prix à payer pour s'enrichir.

 

Ces deux préalables ne suffiront peut-être pas . Mais les mettre en place et les exécuter rigoureusement serait le signe de la volonté de préserver la démocratie et une identité internationale commune, attachée à la liberté en commun permise par des droits universels.

 

Finissons en avec l'austérité et donnons les moyens à la sécurité.

Finissons en avec l'austérité et donnons les moyens à l'intelligence de construire un monde en paix qui suppose que chacun y ait sa place.

 

Coupons ainsi l'herbe sous les arguments des va-t-en guerre de toute obédience. Proposons une analyse et des solutions inspirées du combat de JAURES contre la guerre. Rassemblons nous dans une force de paix contre toutes les dérives libérales menant à la guerre.

 

Jean-Claude Zablet

Date de dernière mise à jour : 17/11/2015