RENTREE CARMAUSINE SOUS TENSION

La rentrée de printemps dans les lycées de Carmaux se fait dans un climat assez explosif. Forte de son opinion, la direction estime que toute cette jeunesse qui ne pense pas comme elle mérite d'être punie. Le prétexte choisi pour pouvoir sanctionner est "l'absentéisme scolaire".

Mieux vaut passer pour quelqu'un "tellement soucieux de l'avenir des enfants" que pour quelqu'un dépassé par l'appétît de comprendre et d'agir de la jeunesse. L'absentéisme en question est une journée de grève que ces lycéens vivaient. L'administration le sait puisqu'elle était venue photographier les jeunes, assis ou debout devant la porte du lycée tandis qu'un sbire pointait les noms sur une liste. Absent-e-s des cours mais en grève devant les portes du lycée.... Bien loin des phantasmes sécuritaires que d'aucuns pourraient formuler sur les mauvaises fréquentations et l'échec scolaire ....

La plupart de ces lycéen-ne-s étaient soutenus-e- par leurs parents, sans doute plus inquiets qu'eux de l'avenir el khomriesque que leur promet la réforme "socialiste" ; certains d'entre eux étaient même présents, à l'écart, pour éviter de possibles interventions extérieures non souhaitées. 

Marianne lycenneDes parents indignes selon la direction du lycée qui sait mieux qu'eux ce qu'il est bon de faire et ne pas faire en matière d'éducation et ce qu'il y a lieu de penser. Exactement ce que veut la loi MEDEF-KHOMRI ! Au boulot : fin de la République, fin de la citoyenneté. Le seul droit est celui du patron ( "du créateur de précarité et de dividendes"). Et le lycée doit préparer à cela. C'est l'éducation prônée par les bénies-oui oui de l'ordre pour l'ordre. "Quand vous franchissez ces portes, usine ou lycée, bureau ou lycée, entreprise ou lycée, vous ne pensez plus ; vous courbez l'échine !".

La direction des lycées de Carmaux réinvente le délit d'opinion. Libre à elle de considérer les lois sociales comme une atteinte au droit patronal ... Mais la République, qu'elle sert en qualité de proviseur, ne peut tolérer que les lycéen-ne-s soient sanctionné-e-s pour une opinion. Un lycée n'est pas un camp de rééducation à la pensée libérale ! Les sanctions pour opinion sont injustifiées et inadmissibles.

Dans le cas de lycéen-ne-s mineur-e-s, l'autorisation des familles à la participation de leur enfant à un mouvement civique et social a la même valeur qu'une autorisation d'absence pour une cérémonie ou un rendez vous médical, ou tout autre événement. L'obligation scolaire n'est pas une coercition ! Elle est l'obligation faite à l'Etat républicain de dispenser un enseignement de qualité à chaque élève. Ceux-ci doivent avoir un comportement respectueux et participatif. Il ne s'agit pas de pointer chaque jour à l'embauche au lycée. Chaque parent est tenu de veiller à ce que son enfant réponde à cette volonté républicaine. Il se trouve que la formation civique de leur enfant passait ce jour là par un jour de grève.

Le soutien des parents, l'attachement des lycéen-ne-s à la vie de la cité rendent intolérables la décision de cette administration de sanctionner les grévistes lycéens. 

Si l'administration maintenait les sanctions et persévérait dans sa volonté d'en découdre avec l'exercice républicain d'opinion, il serait du devoir des familles de refuser ce déni de démocratie. 

Il existe encore des lois dans ce pays. Ce serait un crime de les abandonner à ceux et celles qui confondent Victor Hugo et Pétain.

Pétain était un maréchal..L'opinion selon laquelle il aurait sauvé la France en la livrant aux nazis n'est guère partagée ... Mais c'est une opinion.

Victor Hugo est un poète humaniste. L'opinion qu'il était un génie de l'écriture est très partagée.. Mais c'est une opinion... CARMAUX INFO préfère vous donner à lire l'insoumission positive de ces quelques vers d'HUGO , extraits des "ANNEES TERRIBLES", que des phrases de Pétain... C'est notre choix, notre opinion ...

Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire
À vous tous, que c’était à vous de les conduire,
Qu’il fallait leur donner leur part de la cité,
Que votre aveuglement produit leur cécité ;
D’une tutelle avare on recueille les suites,
Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.

 

Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,
Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;
Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;
C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.

A BAS LES SANCTIONS POUR OPINION !

VIVE L'INSOUMISSION !

 

Jean-Claude Zablet

 

 

Date de dernière mise à jour : 02/05/2016