FIN DE SOUFFRANCE POUR UNE FIN DE VIE APAISEE.

C’était la grosse affluence, jeudi au CLAPCINE de Carmaux pour assister à la projection de "FIN de PARTIE" . L’introduction et les éclairages apportés par les intervenants sur la fin de vie et la loi LEONETTI qui encadre le temps du mourir, ont donné beaucoup de force et de sensibilité aux échanges qui ont suivi la projection.

E3L’histoire du film a pour décor une maison de retraite médicalisée en Israël et a pour héros quelques uns des pensionnaires que la maladie d’ami-e-s contribue à réunir. Avec la pudeur offerte par l’humour, le film s’ouvre sur l’immense solitude qu’affrontent deux personnages dont l’un souffre dans sa fin de vie. Souffrance d’un mourant et souffrance de la compagne, impuissante, comme la pharmacie,  à soulager l’être cher de cette souffrance. Le film témoigne que dans la souffrante chacun se retrouve seul « dans un monde sans autrui ».

Le film aborde donc l’euthanasie et les mécanismes qui aboutissent à ce que l’être en souffrance décide de mourir. Pour permettre à cette décision d’aboutir, les amis inventent un mécanisme qui donneront un ultime acte autonome au mourant. 

Dans le débat qui suivit,  Christophe PACIFIC rappela que la technique dilue la responsabilité dans l'acte d'euthanasie: « plus on augmente la distance, plus on dilue la responsabilité, plus on peut imaginer actionner le bouton donnant la mort ». 

Affiches euthanasie 04ImagesIl y a l’angoisse ressentie par les proches, devant tant de souffrance, et la demande de mourir d’un malade. L’insupportable douleur de la douleur d’autrui qui fait que pour le proche, l’angoisse prend le pas sur la raison et ne considère plus qu’une seule  issue : répondre à la demande . 

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Cependant, ne pas confondre la fin de la souffrance et la fin de la vie est le fil conducteur des réflexions qui aboutiront dans un avenir proche à une loi sur la fin de vie. Une immense majorité des personnes réclamant la mort pour échapper à l’insupportable douleur y renonce si la douleur disparaît. 

 

Le débat évolue alors vers le moyen technique permettant d’annihiler cette douleur pour permettre à la vie d’aller à son terme. Mme GOBAT rappela combien la chimie pouvait aider à l’apaisement et que contrairement à l’idée répandue, ce ne sont pas les produits à base de morphine qui donnent la mort mais la maladie.

 

E1La technique doit permettre une alliance d’apaisement entre les soignant-e-s, le malade en fin de vie et les aidants dans un esprit de communication éclairée.

C’est dans cette démarche, à la fois soignante, éthique et thérapeutique  que se respectera la dignité, qui réside pour l’essentiel dans l’image que nous avons de nous - même et dans celle que nous voulons donner ( offrir)  à autrui. Les signes physiques et audibles de la douleur qui anéantissent le malade et les proches, qui donnent à penser qu’il n’y a plus de dignité possible pour le mourant, doivent disparaître de la fin de vie.

 

Jean-Claude Zablet

Date de dernière mise à jour : 16/01/2016