LA BETISE ACCABLANTE DE L'OLIGARCHIE !

LA BETISE ACCABLANTE DE L’OLIGARCHIE

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L’artiste GOIN a réalisé le 23 juin 2016, dans le cadre du festival de Street art à Grenoble, une fresque murale représentant des policiers œuvrant au massacre de la Liberté. Le tableau est titré : L’Etat matraquant la Liberté. Le message est clair : Dénonciation d’un Etat policier qui, à grand renfort de 49.3, maltraite la République dont il est, dans les textes, le garant et le protecteur.

Il n’est nul besoin d’avoir fait ses humanités pour établir un lien direct entre ce pochoir et letableau de DELACROIX La Liberté guidant le peuple (1830).

 

Capture d e cran 2016 07 19 a 12 05 51Il existe 3 points communs entre ces deux représentations de la Liberté Républicaine :

Un lien formel

Alors que la figure de Marianne n’existait pas encore, le personnage féminin de DELACROIXsigne une vision nouvelle de l’allégorie de la Liberté qui participera à sa création quelques annéesplus tard : Fille du peuple, vivante, fougueuse qui incarne la révolte, la victoire et évoque laRévolution de 1789 ainsi que la souveraineté du peuple. Son vêtement qui rappelle les drapésantiques, glisse au-dessous des seins, le drapeau tricolore qui ne fait qu’un avec son bras droitest à l’époque symbole de la lutte révolutionnaire. Déesse mythique, elle mène le peuple à la liberté.

Dans la fresque de GOIN, la Liberté est à terre, violentée, galvaudée, épuisée, apeurée. Le drapeau tricolore est en pièce. Le peuple est absent. Le « 49.3 » est érigé en bouclier protecteurd’une victoire exclusivement policière.

Un lien politique est à l’origine de ces tableaux

La Liberté guidant le peuple : Charles X et son impopulaire ministre, le prince de Polignac, remettent en cause les acquis de la Révolution. À la session de la Chambre le 2 mars 1830, Charles X tente un coup de force constitutionnel par ses ordonnances de Saint-Cloud du 25 juillet 1830. Les députés, par l’« adresse des 221 », refusent de collaborer. Le roi signe et publie quatre ordonnances tendant à supprimer la liberté de la presse et à modifier la loi électorale. C’est une violation de la Constitution qui provoque la révolution à Paris, trois jours dits « Trois Glorieuses », les 27, 28 et 29 juillet.

La police matraquant la liberté : Hollande Zéro et son impopulaire gouvernement remettent en cause les acquis du droit du travail issus de longues luttes ouvrières. En l’absence de session parlementaire, le 10 mai 2016 Hollande Zéro tente un coup de force par son 49.3. Certains députés, par leur motion de censure avortée font semblant de refuser de collaborer. Hollande Zéro persiste et signe avant de confier la loi El Khomri à la sagesse d’un Sénat de droite. C’est une violation de l’esprit démocratique et de la citoyenneté qui provoque la levée des forces populairesdans tout le pays.

Un lien critique

Réaliste et novateur, le tableau de DELACROIX fut rejeté par la critique. Le régime de Louis-Philippe, dont elle saluait l’avènement, le cacha au public. Elle entra cependant en 1874 au Louvre. Elle est aujourd’hui universelle, sauf … pour les Oligarques de la 5 ème République : Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur : « Plein soutien aux policiers qui protègent chaque jour les Grenoblois, et qui attendent d’Eric Piolle, maire de Grenoble, qu’il leur dise ses regrets. »

Capture d e cran 2016 07 19 a 12 12 48Geneviève Fioraso ancienne ministre socialiste, élue de l’opposition à Grenoble : « Quand la collectivité locale finance, sur l'argent des contribuables grenoblois, une fresque réalisée dans le cadre d'un festival subventionné à hauteur de 25 000 euros, (...) elle est responsable des messages passés ».

Jean-Pierre Barbier, président LR du conseil départemental de l'Isère : « Cette fresque est honteuse ».

Tous ont exigé sa destruction immédiate, certains auprès de la Préfecture.

Toutes les œuvres du festival sont normalement pérennes, mais il se trouve que le bâtiment sur lequel cette fresque a été peinte devait être détruit. Les organisateurs et les artistes le savaient, mais pensaient qu’il allait encore rester debout un an. Or, il fut vite mis à terre ....

Sabine JAUFFRET

Date de dernière mise à jour : 19/07/2016